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Entretien avec Isabelle Laading, la médecine chinoise traditionnelle

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« Soigner un être humain est comme prendre soin d’un jardin. »

 

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Prônant la prévention plus que le soin, l’harmonie du corps et de l’esprit, la médecine traditionnelle chinoise, vieille de plus de cinq millénaires, rencontre de nombreux adeptes en Occident. Phytothérapie, acupuncture, diététique ou encore shiatsu, Isabelle Laading, qui se consacre à l’étude et à la pratique des arts traditionnels de santé depuis 1968, nous ouvre les portes de ce savoir venu d’Orient.

 

Depuis 1968, vous vous consacrez à l’étude et à la pratique des arts traditionnels de santé orientaux. Comment est née cette passion ?

C’est le fruit d’un cheminement (toujours en cours !). Lycéenne, j’étais en recherche d’une voie spirituelle. Mon éducation religieuse de l’époque ne répondait pas vraiment à mon attente. J’ai alors rencontré la philosophie hindoue à travers quelques ouvrages et j’ai commencé la pratique du yoga avec Jean-Bernard Rishi. Une conférence d’Arnaud Desjardins de retour d’Inde m’a ensuite fasciné. Il présentait des maîtres qu’il avait rencontrés et faisait part de son expérience de méditation. Il y avait de quoi abreuver ma quête ; yoga, méditation, tout en faisant un premier pas vers la philosophie chinoise à travers la pratique du Do In* et celle de la macrobiotique* que proposait Georges Oshawa. En 1972, après une année de fac de Lettres, j’ai passé un an dans un monastère tibétain en Écosse afin de faire l’expérience plus approfondie de la méditation, bouddhiste en l’occurrence et du yoga. De retour en France, le souhait de me consacrer au soin à l’autre s’imposait. J’ai ouvert des cours de yoga en 1974 en Bourgogne sud, tout en participant à la fondation d’un monastère tibétain. Puis la vie m’a mené à Trinidad aux Caraïbes en 1984. J’y ai rencontré mon premier professeur de shiatsu, Rex Lassalle. Le shiatsu a été une « révélation », je me suis plongée dans l’étude et la pratique. Puis en 1988, j’ai rencontré en Bourgogne Maître Tokuda, « moine médecin » enseignant la médecine chinoise et le shiatsu. Il est devenu et demeure encore aujourd’hui mon maître en la matière.

 

On date l’élaboration de la médecine chinoise aux environs de 3000 avant Jésus-Christ. Pouvez-vous nous parler de la naissance et des spécificités de cette médecine ?

Les premières traces des soins donnés en médecine chinoise (acupuncture, moxibustion*, pharmacopée) datent même de la période néolithique. Des aiguilles en os et en pierre en témoignent avant les textes faisant part de divers soins proposés. Plusieurs hypothèses sont avancées quant aux méthodes empiriques qui ont permis aux praticiens d’élaborer la pratique de l’acupuncture ; hasard d’une piqûre d’épine sur le « bon point » par exemple…

Mais en amont des soins qui proposent le traitement de points spécifiques et l’emploi de plantes, je m’interroge : comment l’homme a-t-il perçu les courants énergétiques (méridiens) dans le corps humain ? Les méridiens s’agencent en effet en systèmes très complexes de circulations énergétiques irriguant surface et profondeur du corps. Vaste réseau de connexions multiples entre les différentes fonctions organiques tout autant que voies de communication entre l’intérieur du corps et l’extérieur (l’environnement). Les textes traditionnels décrivent minutieusement le cheminement de ce réseau.

J’émets l’hypothèse que les premiers acupuncteurs devaient être des chamanes. Ne serait-ce pas grâce à des visions qu’ils ont pu « scanner » en quelque sorte le corps humain et percevoir les flux énergétiques et « l’esprit » des points ?

Même hypothèse en ce qui concerne la préparation des milliers de formules de la pharmacopée chinoise. Ne fallait-il pas être visionnaire pour capter « l’esprit » des plantes et en reconnaître les propriétés ?

En effet, les propriétés thérapeutiques des innombrables plantes ou minéraux utilisés ne sont pas analysées d’un point de vue chimique comme actuellement en occident. En bref, ce sont les propriétés énergétiques de leurs « saveurs » (douce, piquante, salée, acide, amer ou neutre), et de leurs « natures » (chaud, tiède, froid, frais, neutre) qui sont considérées. Ces propriétés ayant un pouvoir spécifique sur telle ou telle fonction des méridiens et organes. Et c’est la subtile synergie des combinaisons de plantes et de leur dosage qui donne son efficacité au traitement. Nous retrouvons cet effet de synergie dans le choix des multiples combinaisons possibles de points d’acupuncture. Et les mêmes critères s’appliquent en diététique chinoise toujours à des fins thérapeutiques.

 

La médecine traditionnelle chinoise est fondée sur une théorie du fonctionnement de l’être humain en bonne santé. Est-ce le point central qui diffère de notre médecine européenne ?

C’est un point de vue remarquable en tout cas. En MTC* nous ne soignons pas « une maladie » mais un être dans sa globalité (corps-esprit), tenant compte également de son environnement. La maladie signe un déséquilibre énergétique qui engendre une perturbation de certaines fonctions organiques. Il convient de traiter la source du déséquilibre mais aussi de soutenir le « terrain » du patient, c’est-à-dire d’améliorer les capacités des différents organes et leurs correctes relations.

Soigner un être humain est comme prendre soin d’un jardin. Maintenir la qualité de la terre est fondamental pour tous les êtres et végétaux qui y demeurent tout comme porter attention aux cohabitations entre végétaux et insectes. Nous devons aussi tenir compte du climat et des interventions éventuelles des prédateurs. Focaliser notre attention sur le soin des feuilles d’une plante envahies de pucerons, sans tenir compte de l’état de santé de toute la plante et de l’écosystème qui l’accueille ne peut donner, selon ce point de vue, que des résultats médiocres. Il en est de même pour l’être humain.

 

C’est donc plus ce que l’on pourrait nommer une médecine préventive !

Oui, car il est plus facile de maintenir un équilibre que de le retrouver, surtout lorsqu’une fonction organique est fortement perturbée. Les praticiens de médecine chinoise encouragent leurs patients à consulter régulièrement, même en l’absence de symptômes particuliers.

Le patient étant considéré d’un point de vue holistique, son médecin peut anticiper les éventuels déséquilibres. Il adapte ses soins en fonction des besoins de l’instant. Son rôle est de soutenir, renforcer ou harmoniser le « terrain énergétique » de son patient en tenant compte de la qualité énergétique de la saison, de son travail, des agents stressants, de sa vie sociale et de ses éventuelles perturbations émotionnelles.

 

L’harmonie entre l’homme et les éléments est-elle la clé de voûte de la médecine chinoise ?

Oui, s’accorder sans cesse aux rythmes et cycles de la nature est un des principes fondamentaux de la MTC. Le corps-esprit de l’être humain est un écosystème, intégré aux écosystèmes de la nature. L’équilibre du Tout se maintient grâce à la communication et au pouvoir d’adaptation des différents agents. Le fruit ne peut apparaître sans la fleur, elle-même l’aboutissement d’un processus initié dans la graine, au sein de l’obscurité de la terre.

Selon ce point de vue l’homme doit donc, pour se maintenir en bonne santé, respecter les rythmes et cycles des saisons, s’adapter aux climats, prendre soin de son alimentation et maintenir l’esprit paisible. En hiver par exemple, en accord avec ce que nous observons en milieu naturel, il convient de réduire ses activités. Il y a peu de lumière, le froid est dominant, la vie végétale et animale est ralentie. C’est donc pour nous le temps de l’introspection, du repos qui permet de restaurer et nourrir nos énergies profondes. Simple bon sens, comme celui de dormir la nuit pour être en forme la journée !

 

En Europe, lorsque l’on pense médecine chinoise, on pense souvent à la phytothérapie ou encore à l’acupuncture. Sont-ce là les deux principaux aspects de cette médecine ?

En tout cas les plus employés. Mais d’autres soins font traditionnellement parties de la médecine chinoise : les massages (tuina* ou shiatsu), les conseils diététiques et exercices de santé tels que le Qi Gong et parfois la méditation. En effet, puisque la médecine chinoise s’adresse à l’être dans sa globalité, les outils thérapeutiques se doivent d’être multiples. Chacun de ces outils a fondamentalement pour fonction de rééquilibrer la circulation du Qi*, du sang et des liquides organiques et de nourrir ces trois « carburants ». Ainsi, tous les tissus du corps seront correctement alimentés et les fonctions organiques et psychiques restaurées au mieux.

Consulter un praticien de MTC c’est consulter un Généraliste. Le praticien se doit d’être un spécialiste dans tous les domaines médicaux puisque pour lui, toutes les fonctions organiques sont liées sur un plan énergétique. De ce point de vue, on ne peut traiter un problème d’estomac sans s’intéresser à la santé du foie ou de la rate par exemple.

Autre aspect fascinant, le praticien en énergétique Chinoise travaille simultanément sur les déséquilibres physiologiques et psychologiques. En effet, si le cerveau est bien reconnu en tant qu’ordinateur performant pour recevoir et transmettre des informations, l’efficacité de nos facultés cognitives et de notre expression émotionnelle et sentimentale dépend de l’équilibre énergétique de toutes nos fonctions organiques et vice-versa. Ainsi toute pathologie peut être qualifiée de somatopsychique ou psychosomatique.

 

L’acupuncture s’est aujourd’hui fortement démocratisée dans le monde entier. Quels types de symptômes cette pratique est-elle susceptible de guérir ?

En principe, toutes les pathologies des plus bénignes aux plus graves, peuvent être traitées par la MTC (acupuncture associée à la pharmacopée, diététique et tuina ou shiatsu). Les chinois se sont soignés uniquement ainsi au fil des millénaires. Elle est reconnue comme particulièrement efficace pour traiter les maladies chroniques et dégénératives, les douleurs diverses ainsi que les troubles émotionnels et psychiques. L’efficacité de cette médecine dépend naturellement de l’habileté du praticien. Sa démarche thérapeutique est très élaborée. Une fois posé le juste diagnostic il prescrit, comme nos médecins occidentaux, des remèdes (pharmacopée). Mais il va aussi travailler directement sur le corps du patient : massages, acupuncture, moxas, puis le conseiller en diététique et lui choisir des exercices appropriés. Il est facile d’imaginer qu’une telle prise en charge du patient puisse porter ses fruits.

 

Est-il possible d'avoir recours à la fois à la médecine orientale et occidentale de manière complémentaire ou bien ces disciplines sont-elles trop différentes pour s'accorder ?

Un patient peut être suivi sans contre-indication par ces deux médecines. La MTC accompagne favorablement les pratiques chirurgicales occidentales en proposant l’anesthésie sous acupuncture. Ou en soutenant le « terrain » du patient en phase pré et postopératoire ou à l’occasion d’un traitement allopathique lourd. Cela dit, les points de vue me paraissent bien éloignés pour parler de médecines complémentaires.

Prenons le cas de l’allergie. Tout en soignant les symptômes, le médecin oriental traitera également le déséquilibre énergétique ayant engendré la vulnérabilité du terrain aux allergènes. Il peut ainsi, pour une allergie aux pollens signée par une rhinite, traiter le poumon bien sûr, mais aussi par exemple le foie et le rein ou la rate…

Si l’on considère les traitements prescrits en médecine orientale, la pharmacopée donc, ainsi que des aliments spécifiques, aucune formule de plantes prescrite ne doit procurer d’effets secondaires indésirables. Il en est de même pour les massages ou pratique de l’acupuncture. Je qualifierais la médecine chinoise de « médecine non-violente ». Elle procède en évitant tout choc susceptible d’affaiblir ou déséquilibrer le terrain de la personne. Le traitement peut être un peu long mais ainsi respectueux des rythmes internes de l’être.

 

Comment ces pratiques peuvent-elles améliorer notre quotidien ?

À mon sens trois sources d’intérêt majeures :

La prévention, puisqu’il est souvent proposé au patient suivi en médecine chinoise de consulter, même sans problème particulier, à chaque changement de saison. Le patient sera ainsi accompagné tout au long des époques de sa vie comme de celles des saisons exactement selon ses besoins du moment.

La gestion du stress car la MTC amoindrit très nettement les effets négatifs du stress en tempérant et régulant les troubles émotionnels.

La philosophie chinoise qui nourrit les principes de la médecine chinoise ainsi que la variété des soins proposés s’adressant tant au corps qu’à l’esprit, incitent l’être humain à percevoir plus clairement sa place « entre Terre et Ciel ». Et les conseils d’hygiène de vie personnalisés favorisent son autonomie.

 

Vous qui vous intéressez de prêt à la diététique, la « mal bouffe » est-elle à votre avis un problème important de notre société occidentale ?

Je dirais même fondamental, et c’est un domaine dans lequel nous sommes pleinement responsables car c’est bien nous qui remplissons notre caddy. Mais peu de gens font le lien entre leur santé, physique et psychique, et la nourriture. « J’aime. », « J’ai lu que… », « J’ai envie de… » influencent le plus souvent nos choix alimentaires.

La médecine chinoise pourrait s’approprier l’adage d’Hippocrate : « Que ta nourriture soit ton premier médicament ». Pour n’évoquer ici que le sang, un des « carburants » fondamentaux de notre corps, celui-ci est constitué en grande partie des aliments que nous absorbons et de l’air que nous respirons. Selon cette médecine, le sang est aussi le support tangible de l’esprit. L’état de tous les tissus de notre corps comme celui de notre bien-être physique et psychique, est donc lié, entre autre via le sang à la qualité de notre alimentation. Ainsi, ce que nous mettons dans nos assiettes trois fois par jour (dans le meilleur des cas) ne devrait pas dépendre uniquement de nos goûts et désirs, mais de notre état de santé et des améliorations espérées. Grâce à des conseils de diététique chinoise, je constate chaque jour chez mes patients d’importantes améliorations de leur état de santé. Même pour des cas difficiles ; enfants hyperactifs, personnes dépressives ou en surpoids, patients souffrants de maladies chroniques ou dégénératives.

Les principes de la diététique chinoise sont très différents de ceux de la diététique occidentale. Il est à nouveau question de saveurs, de natures comme en pharmacopée, mais aussi d’odeurs, couleurs et textures. De propriété énergétique et thermique de l’aliment, des modes de cuisson et associations d’aliments. Un repas bien élaboré agit comme une séance d’acupuncture puisque ce repas tend à harmoniser les mouvements énergétiques qui nous animent.

Le problème de la « mal bouffe » n’est pas seulement celui du choix des aliments. Il faut rendre à l’acte de cuisiner son rôle premier, celui d’entretenir la santé.

 

Depuis vingt ans environ, vous avez ouvert en France une école de shiatsu. Pouvez-vous nous parler de cette pratique qui fait de plus en plus d’émules dans notre pays ?

Le shiatsu, littéralement « pression des doigts », est d’origine japonaise, fondé sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise. Il s’agit d’appliquer des « pressions » avec les pouces sur les méridiens et les points d’acupuncture sur tout le corps afin de soutenir, tonifier ou rééquilibrer les fonctions physiologiques et psychiques. Des mobilisations et étirements des membres sont parfois proposés afin d’activer la circulation énergétique dans les méridiens ainsi qu’un travail des « pleins et vides » énergétiques au niveau des points d’acupuncture.

Le shiatsu se donne traditionnellement au sol et la personne reste habillée. Travail au sol car pour percevoir l’énergie dans les méridiens et agir sur son flux, nous utilisons la puissance de notre hara, l’énergie active dans notre ventre et bassin. Les postures au sol favorisent l’efficacité de cette énergie sans avoir besoin de mettre de force dans les bras ou les mains, ce pourquoi le terme de « pression » me semble inadéquat ; nous « traversons » les points.

J’ai eu la chance d’apprendre cet art, en même temps que l’acupuncture japonaise, la pharmacopée et la diététique avec Tokuda sensei. Il m’a prodigué de merveilleux outils de soin et nourrit profondément les principes d’éthique qui doivent animer le praticien en shiatsu. Tokuda sensei m’a confié les cours de shiatsu et MTC au sein de l’école Nonindo en 1995.

Oui, les écoles de shiatsu fleurissent en ce moment en France. Effet de mode ou réelles vocations ? À mon sens, s’il est relativement facile d’enseigner les protocoles du shiatsu, une solide connaissance de la MTC est indispensable. Sans compter le travail sur le hara et la pratique quotidienne du shiatsu durant de nombreuses années afin de pouvoir faire état d’expériences.

 

Existe-t-il différentes formes de shiatsu ?

Oui, pour ne parler que de la France, il existe différents enseignements du shiatsu. Traditionnellement, chaque école de shiatsu fait référence à l’enseignement d’un maître. La pratique du shiatsu dont les Japonais sont les fondateurs, se base sur les théories de la médecine chinoise. Comme dans toutes disciplines, si la pratique du shiatsu a évolué au fil du temps, il est néanmoins question d’énergie, de méridiens et points d‘acupuncture, l’objectif du shiatsu étant celui d’un rééquilibrage énergétique. Selon l’école du maître, différentes techniques sont proposées : shiatsu systématique sur tout le corps, accent mis sur un choix de méridiens en fonction du diagnostic, étirements, pétrissages etc.

Il est aussi possible de donner « du » shiatsu pour un problème aigu ; entorse, mal d’estomac, maux de tête etc. Dans le cadre des écoles d’arts martiaux le shiatsu est employé pour relaxer ou atténuer des douleurs. Certains praticiens proposent aussi du shiatsu sur chaise ergonomique.

Si le travail sur des points d’acupuncture s’avère efficace pour bon nombre de maux, ne nous en privons pas. Mais il me semble important de conserver l’objectif du shiatsu traditionnel. Un soin à l’être humain dans sa globalité et selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise.

 

De quelle façon le shiatsu peut-il avoir des vertus thérapeutiques ?

Le shiatsu a des vertus thérapeutiques en tant que pratique fondée sur la théorie de la MTC. En shiatsu, grâce au bilan énergétique nous travaillons toujours dans l’optique d’un rééquilibrage énergétique et donc adapté aux besoins du patient au fil de notre shiatsu complet (référence au shiatsu traditionnel Nonindo). S’il est pratiqué sans l’apport de l’acupuncture et de la pharmacopée, les bénéfices peuvent être plus lents. Néanmoins la séance de shiatsu, la qualité de présence, d’intention et de toucher du praticien peuvent donner des résultats étonnants tant sur le plan physiologique que psychique. Le témoignage d’une patiente est peut-être plus parlant que l’énoncé des bénéfices…

Lors de sa première séance de shiatsu, Madame L. nous fait part de ses difficultés présentes :

« En ce moment je prends un médicament pour l’estomac ; il est efficace, mais je ne peux plus m’en passer. Je prends aussi un médicament pour le mal de tête plusieurs fois par semaine. Mon somnifère est un peu faible mais je dors quelques heures sans me réveiller. Pour mon mal de dos, j’ai commencé des séances de kinésithérapie. Cela va mieux mais j’ai aussi mal au genou, je dois lui en parler. L’ambiance familiale est infernale, heureusement je gère avec mes anxiolytiques mais je souhaiterais m’en passer. ».

Madame L. commente ses séances de shiatsu :

« Je ne sais pas trop pourquoi je suis venue recevoir un shiatsu, une amie me l’a conseillé. J’ai ressenti dès la première fois une grande détente et quelque chose en plus, indéfinissable sur le moment. J’ai continué sur plusieurs séances car le mieux-être s’installait. Après 3 séances je dormais mieux, de vraies nuits. Moins d’angoisse aussi (tiens oui, j’avais des angoisses). Curieusement, les rapports avec ma fille sont plus paisibles. Je n’ai plus mal au dos ni à l’estomac ou très ponctuellement. En ce moment mon genou douloureux semble parler à mon bras droit, quel voyage à travers mes sensations… ».

5e séance : « A chaque pression shiatsu je me retrouve, je m’étonne parfois puis je m’accepte. Ainsi que le fait un accordeur de piano, je sens que le praticien m’écoute et fait naître les accords dont mon être a envie ou besoin de jouer. Je me laisse alors goûter ces vagues ondulantes qui circulent d’une partie du corps à une autre comme si des vannes venaient de s’ouvrir. J’ai arrêté les séances de massage n’ayant plus mal au dos et commence à changer mon alimentation. Je prends aussi du temps pour moi, lectures et promenades, musées avec ma fille. »

7e shiatsu : « Lorsqu’au fil de cette séance vous avez travaillé sur mon bras droit, ce fut comme une bouffée de souvenirs ; j’ai revu cette place ombragée d’un platane. J’avais 8 ans, elle m’a dit là qu’elle partait, mais qu’elle reviendrait. Là je sens, me souviens et pleure. Comme imprégnées dans mon bras, rage et colère, qui me donnent envie de frapper ma mère qui s’en va. Puis j’ai senti là, au toucher de mon bras, un sentiment de désespoir enfin se dissoudre. Incroyable apaisement. Je crois que je fais du lien entre mes maux physiques et cette douloureuse expérience et que je peux maintenant tourner la page. »

En shiatsu comme en acupuncture, pharmacopée etc. nous travaillons, via les méridiens, sur tout le métabolisme et les fonctions psychiques. Soin thérapeutique plus qu’on l’imagine ?

 

Peut-on trouver un lien de cause à effet entre ces pratiques orientales qui font le quotidien de la plupart des peuples asiatiques et leur surprenante longévité ?

Surprenante longévité, je ne sais pas. Sans doute faut-il s’aventurer maintenant bien au fond des campagnes pour trouver les centenaires qui ont suivi une hygiène de vie conforme aux lois de la nature et se sont soignés par la médecine orientale… Les pays orientaux sont maintenant vibrants sous les bannières de Danone et Coca Cola entre autre. Et la jeunesse, Doliprane dans la poche, préfèrent au Qi gong les danses du night-club.

Mais la tradition n’est pas perdue. A nous, en occident, de la respecter et de la maintenir en vie. L’orient l’embrassera à nouveau dans quelques décennies, ainsi va la vie.

 

Propos recueillis par Nicolas Valiadis

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*MTC : médecine traditionnelle chinoise.

*Do In : automassage sur les méridiens d’acupuncture.

*Macrobiotique : alimentation fondée sur les principes du yin et du yang.

*Moxibustion méthode consistant à chauffer les points d’acupuncture.

*Qi : énergie.

*Tuina : stimulations manuelles des points d’acupuncture et des méridiens par pressions, étirements, mobilisation des membres et du corps.

 

Isabelle Laading. www. shiatsu-nonindo.fr 

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