HISTOIRE

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Entretien avec Michel Biard, la Révolution française

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« Le régicide, crime jugé le plus terrible et puni des plus atroces supplices sous l’Ancien Régime, marque l’entrée de la France républicaine dans une nouvelle ère. »

 

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Plus de deux cents ans après avoir fait couler le sang, la Révolution française continue à faire couler beaucoup d’encre. Quelles en sont ses causes réelles ? Comment un événement minime comme la prise de la Bastille est-il devenu jour de fête nationale ? Le roi Louis XVI a-t-il été, comme certains l’affirment, dépassé par une révolution qu’il refusait d’accepter ? Agrégé d'Histoire, professeur d'Histoire du monde moderne et de la Révolution française (Université de Rouen) et auteur de plusieurs ouvrages sur la Révolution française, Michel Biard nous éclaire sur cette page cruciale de l’histoire de France. 

 

 

 

La guerre d’indépendance américaine, qui a coûté beaucoup d’argent à la monarchie, a-t-elle été l’une des causes de la Révolution, participant à la faillite financière de la France ?

L’intervention française dans cette guerre a assurément contribué à aggraver le déficit du « budget » de l’État, toutefois il ne faut pas non plus exagérer l’importance de son coût. Bien entendu, les sommes dépensées ont été considérables, mais le gouffre financier dans lequel se trouvait plongé l’État royal a d’autres causes que les seules dépenses militaires. Plutôt que de centrer l’attention sur ces dernières, il me semble plus important de souligner l’incapacité de l’État à se réformer et notamment à modifier la répartition des impôts. Les inégalités devant le paiement des impôts sont alors un problème structurel plus important qu’une guerre par nature conjoncturelle. Et derrière la question des impôts se cache, bien mal, celle des privilèges qui bloquent l’ensemble du système. Pour ne prendre qu’un seul exemple, ceux qui étaient à la tête de l’administration de l’État n’ont certes pas attendu 1789 pour imaginer un marché national qui serait débarrassé des multiples péages intérieurs, ces derniers entravant d’évidence le commerce. Mais, comme l’a montré l’historienne Anne Conchon, supprimer les péages intérieurs supposait de rembourser les propriétaires de ces droits de péage. L’État n’en avait pas les moyens, pas davantage qu’il n’envisageait de les supprimer purement et simplement, ce qui aurait été porter atteinte aux privilèges et au droit de propriété. La paralysie vient donc, en partie, de ce type de contradictions. Comment réformer sans toucher aux privilèges ?

 

La philosophie des Lumières a-t-elle joué un rôle majeur dans la tournure que prirent les événements de 1789 ?

Vaste question que celle-ci ! Pour aller à l’essentiel, je ferai une réponse de Normand (d’adoption). Oui, les écrits de plusieurs philosophes des Lumières ont été une source d’inspiration pour ceux qui, en 1789, sont « devenus révolutionnaires » (selon l’heureuse formule de l’historien Timothy Tackett). Toutefois, la « petite monnaie » des Lumières, ces idées qui se diffusent par exemple au gré de petits ouvrages et au rythme des pas des colporteurs, a joué un rôle non négligeable. Dès lors, point n’est besoin d’imaginer chaque sujet du roi ayant lu Du Contrat social, la folie de semblable postulat serait trop évidente. En revanche, la naissance d’un esprit critique, de ce qu’on a pu appeler « la fureur de juger de tout », vient bien de la diffusion des idées des Lumières. Néanmoins, la réponse peut également être faite de manière négative. Outre le fait que « la philosophie des Lumières » et « les philosophes » n’ont jamais constitué cette sorte de bloc uni qui a été ainsi caricaturé par leurs adversaires (les dévots ou « anti-philosophes »), des Français ont pu lire des écrits de philosophes sans pour autant souhaiter une révolution, a fortiori soutenir celle-ci une fois advenue. On peut lire sans adhérer (heureusement !), on peut lire en se contentant d’imaginer un simple combat de plume dépourvu de suites politiques et sociales, etc. Et puis, de quels écrits s’agit-il ? Le Rousseau du Contrat social n’est pas celui de La Nouvelle Héloïse, le Voltaire du Dictionnaire philosophique portatif n’est pas le même que l’auteur de pièces de théâtre et de contes… De nombreux exemples attestent que des lectures philosophiques n’ont pas nécessairement suscité des engagements révolutionnaires en 1789. Il suffit à cet égard de se pencher sur la culture des députés aux Etats-généraux devenus Constituants, comme a pu le faire Timothy Tackett. Que penser par exemple d’Antraigues, imprégné des écrits de Rousseau et qui ne va cesser de comploter contre la Révolution ?

 

Si, en convoquant les États Généraux le 5 mai 1789, la monarchie française avait choisi de devenir une monarchie constitutionnelle, un roi pourrait-il encore être chef de l’État aujourd’hui ? Louis XVI a-t-il été, dès le départ, indécis et dépassé par les événements de 1789 ?

Un historien doit se défendre de rentrer dans un jeu de suppositions, sous peine de céder à l’éternelle tentation de refaire l’Histoire. Et si… ? Toutefois, je crois important de préciser ici que de nombreux travaux prouvent de manière définitive que Louis XVI n’a jamais accepté la Révolution (qui lui était de facto imposée, rappelons-le). Il n’a donc pas été « indécis », comme a voulu le faire croire, deux siècles durant, toute une légende qui l’a transformé en une sorte de gros nigaud davantage passionné par les serrures et la chasse que par les affaires de l’État. Certes, il a pu çà et là varier d’opinions, au gré des luttes d’influence dans son entourage beaucoup plus que par simple versatilité, mais jamais il n’a accepté de devenir le roi des Français, place que lui réservait la Constitution de septembre 1791. Un ouvrage récent de Guillaume Glénard, historien du Droit, d’une très grande importance, vient de montrer que cette Constitution lui laissait pourtant encore des pouvoirs considérables et qu’elle ne créait pas du tout cette « monarchie républicaine » autrefois évoquée par les historiens François Furet et Ran Halevi. Oui, Louis XVI aurait pu régner à la tête d’une monarchie constitutionnelle, puis le dauphin désormais nommé « Prince royal » aurait pu, un jour, lui succéder. Mais encore aurait-il fallu que Louis XVI acceptât la Révolution ! Or, tous ses actes ont été marqués par une ambiguïté, par une sorte de double jeu, jusqu’à ce que la fuite avortée à Varennes mette bas les masques. Pour ne citer qu’un exemple, là encore, lors de la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, lorsqu’il doit prêter serment sur l’autel de la Patrie dressé pour l’occasion au Champ-de-Mars, il ne daigne pas s’y rendre et c’est de son trône qu’il jure. Loin de l’autel, pas de parjure ?

 

 

Comment expliquer que l’événement militairement insignifiant du 14 juillet 1789, où une émeute parisienne s’empara de la Bastille presque vide de prisonniers, ait eu une telle portée symbolique ?

La Bastille, prison d’État redoutée, n’est plus en 1789 que l’ombre de ce qu’elle a pu être et le 14 juillet une poignée de prisonniers sont extraits de ses murs. Militairement, la forteresse ne joue pas davantage de rôle et ne saurait être assimilée à une place forte d’où une contre-offensive aurait pu partir pour briser le mouvement populaire en cours. Alors pourquoi son importance ? D’une part, la foule qui s’empare de la Bastille y trouve ce qu’elle était venue chercher, de la poudre et des munitions. Dès lors, l’armement des Parisiens insurgés s’en trouve affirmé. D’autre part, un véritable mythe de la Bastille a été forgé au cours du XVIIIe siècle par de multiples récits qui l’ont transformée tout à la fois en symbole du despotisme et en un sinistre château des « horreurs » (je pense ainsi au récit de Latude, pour ne citer que lui). Les Parisiens prennent, le 14 juillet, le mythe autant que la forteresse. Qui plus est, dès l’année suivante, la fête de la Fédération se déroule à la date anniversaire du 14 juillet. Faut-il le rappeler ? Lorsque la IIIe République fait du 14 juillet notre fête nationale, elle entend commémorer la fête de la Fédération de 1790, supposée emplie d’un louable esprit de concorde (ce qui, au demeurant, est en partie erroné), et certes pas la prise de la Bastille assortie de ses violences !

 

Alors que les événements de la Bastille conduisent à une réconciliation entre Paris et son Roi, ce sont étonnamment les campagnes françaises qui prennent feu, conduisant l’Assemblée à abolir les privilèges, les droits féodaux et mettant ainsi fin à la société d’Ancien Régime. Comment expliquer cette peur des campagnes ?

La Nuit du 4 août répond de manière directe à la Grande Peur qui déferle sur deux tiers à trois quarts du territoire national, touchant les campagnes mais aussi les villes. Cette Grande Peur, qui commence le 20 juillet et fait bien sûr écho à la prise de la Bastille, présente un double visage. D’une part, les habitants forment des milices pour se défendre à l’annonce de la venue de brigands, de pilleurs de récoltes, de soldats étrangers, etc. La hantise du traditionnel « complot de famine » se joint à celle d’un hypothétique « complot aristocratique » en réaction aux événements du 14 juillet, tandis que le souvenir lointain du passage de la soldatesque a été transmis de génération en génération et suscite encore l’émoi même si la France n’a pas connu de guerre sur son territoire depuis fort longtemps. D’autre part, une fois l’inexistence de ces individus supposés menaçants constatée, des ruraux se rendent dans les demeures des seigneurs et exigent de vérifier les titres de propriété au nom desquels chaque seigneur exige le versement de droits seigneuriaux et féodaux. Il convient de rappeler ici que, sauf exception, les ruraux vivent alors dans le cadre seigneurial. Tout habitant « levant et couchant » (disent les textes) dans une seigneurie doit au seigneur des droits dits seigneuriaux (droits sur les personnes, le travail, les outils de production, droits honorifiques, etc.) ; et tout propriétaire d’une terre doit, de plus, payer des droits dits féodaux (droits sur la terre et ses productions, par exemple le champart qui consiste à céder une part de sa récolte). Au nom d’un contrat, plus ou moins lointain, passé entre l’ancêtre du seigneur et l’ancêtre du paysan, ce dernier possède bel et bien la propriété réelle de sa terre, mais le seigneur en conserve une propriété dite éminente, au nom de laquelle il jouit du pouvoir d’exiger des droits (traduisons, pour faire plus simple, des impôts). Lors de la Nuit du 4 août, pour calmer ces « fureurs » rurales, l’Assemblée constituante décrète l’abolition des privilèges et d’une partie des droits des seigneurs. Toutefois, des décrets ultérieurs distinguent avec le plus grand soin des droits abolis purement et simplement (pour l’essentiel les droits seigneuriaux) et d’autres droits que les ruraux doivent racheter (les droits féodaux). Racheter, cela signifie que, pour être libérés de ces droits et donc obtenir enfin une propriété pleine et entière, ils doivent verser au seigneur des montants représentant 20 à 25 fois les paiements annuels, le tout devant être réglé en une seule fois et sans le moindre système de crédit. Dès l’automne 1789, au moment où justement les agents des seigneurs prélèvent une partie des droits, nombre de départements s’enflamment à nouveau et les luttes rurales ne vont plus cesser jusqu’en 1792-1793. Il faut, en effet, attendre le 17 juillet 1793 pour que la Convention nationale vote un décret abolissant pleinement et définitivement tous droits des seigneurs.

 

La fuite du Roi vers Metz qui se termina à Varennes a-t-elle définitivement rompu la confiance qui existait encore entre la monarchie et le peuple ?

La rupture est, à bien des égards, décisive. Si l’Assemblée constituante invente la fable d’un roi enlevé, Louis XVI a laissé derrière lui une lettre dépourvue d’ambiguïté qui atteste son refus de la Révolution. Pour de nombreux citoyens, il devient « Louis le Faux », « Louis de Varennes », voire le « gros cochon ». L’image royale n’était certes pas intacte avant Varennes, mais désormais plus rien ne peut être comme avant et le retour à Paris de la famille royale au milieu d’une immense foule silencieuse prend des allures de deuil. Pour autant, le courant républicain est encore très minoritaire puis est brisé par la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791. Aux yeux de nombreux « Patriotes », la république apparaît alors comme une aventure, voire un péril, infiniment plus risquée que cette monarchie constitutionnelle dont finissent par accoucher les Constituants en septembre 1791. Cela n’empêche pas qu’une méfiance s’installe face à ce roi coupable de parjure et qui, au regard du texte de la Constitution, s’est lui-même placé dans un des cas de déchéance prévus par ce texte. Encore faut-il distinguer Paris du reste du royaume, les villes des campagnes, les lieux influencés par des clubs politiques et ceux qui n’en ont point, etc. En bref, l’image de Louis XVI ne sort pas anéantie de Varennes, mais pour le moins largement écornée. Et l’usage tout politique qu’il fait ensuite de son droit de véto vient encore dégrader l’image de celui qui devient pour beaucoup « monsieur véto ».

 

Quels événements vont conduire à l’exécution de Louis XVI qui va marquer profondément la population française et effrayer les autres souverains européens ?

L’exécution de Louis Capet, ainsi qu’il est alors appelé, est tout d’abord liée à l’assaut contre les Tuileries et au renversement de facto de la monarchie le 10 août 1792 (rappelons que l’abolition de la monarchie est décrétée le 21 septembre suivant). Que faire de ce roi des Français renversé et emprisonné ? Ici, le contexte de guerre (ouverte depuis le 20 avril 1792) joue bien sûr son rôle, mais le procès et l’exécution du roi tiennent aussi à un jeu politique entre les mouvances qui composent la Convention nationale (la nouvelle Assemblée législative) et plus encore à une volonté de frapper les esprits par un symbole fort. Le 21 janvier 1793, une banale lame de métal tranche non seulement le cou du condamné, mais permet aussi un transfert de sacralité et empêche tout retour en arrière. Le régicide, crime jugé le plus terrible et puni des plus atroces supplices sous l’Ancien Régime, marque l’entrée de la France républicaine dans une nouvelle ère. En revanche, cette exécution capitale ne vise pas particulièrement à effrayer les autres monarques européens, même si toute une rhétorique alors en vogue a pu évoquer l’idée d’une révolution qui s’étendrait aux autres pays et ferait tour à tour tomber les « tyrans ». Symboliquement, en cette même année 1793, Sylvain Maréchal fait représenter son Jugement dernier des rois, pièce de théâtre dans laquelle tous les souverains européens, pape inclus, se retrouvent dans une île volcanique et finissent engloutis par une éruption…

 

Le ministre autrichien Metternich disait : « Napoléon, c’est la Révolution en personne ! », ce qui fait que les temps révolutionnaires français seraient allés de 1789 à 1815. Partagez-vous ce point de vue ?

Éternelle question que celle des bornes chronologiques de la Révolution française… Si l’accord s’est plus ou moins fait autour de l’année 1789 comme date d’entrée dans la Révolution (à défaut d’un moment précis de ladite année), des débats subsistant encore à propos des temps situés en amont, les historiens n’ont cessé de proposer des dates différentes supposées marquer la « fin » de la Révolution. Il fut un temps où d’aucuns arrêtaient leurs travaux avec l’été 1794 (la mort de Robespierre) ou l’année 1795 (la Convention nationale se sépare le 26 octobre pour laisser place au Directoire). Le Directoire (1795-1799) est toutefois souvent compris comme une suite naturelle des années antérieures et donc partie intégrante de la Révolution. Enfin, se pose la question décisive du Consulat (1799-1804) et surtout de l’Empire (1804-1815). Appartiennent-ils de plein droit à la période révolutionnaire ou sont-ils marqués avant tout par le retour à un pouvoir qui ne serait pas sans rappeler des formes monarchiques ? On s’en doute, cette interrogation se double d’une autre : Napoléon Ier a-t-il été l’héritier ou le fossoyeur de la Révolution ? Assurément, il sera toujours possible de ranger en deux colonnes, d’une part, ce qui appartient aux héritages transmis et assumés (l’égalité civile, la fin de la « féodalité », la reconnaissance et donc la défense des nouvelles propriétés issues des ventes de Biens nationaux, etc.) ; d’autre part, ce qui apparaît comme un dévoiement, voire une négation, de la Révolution (les élections et le pouvoir des Assemblées qui finissent par être réduits à peu de choses, la nomination des autorités locales qui se substitue à leur élection, le renforcement du pouvoir exécutif, les emprunts aux rituels monarchiques lors des cérémonies, la création de la noblesse d’Empire et le retour d’une forme de servilité de Cour, etc.). Pour autant, un historien italien, Luigi Mascilli Migliorini a récemment proposé une biographie de Napoléon Bonaparte qui ouvre d’autres pistes. À l’en croire, Napoléon Bonaparte serait toujours resté un général républicain, aurait somme toute pris le pouvoir pour que l’armée réalise ce que les civils avaient en vain tenté de faire (« terminer la Révolution », y compris en consolidant ses acquis) et n’aurait conçu l’Empire que comme une manière d’empêcher tout retour de la monarchie. Qu’on adhère ou non à cette thèse, elle me semble avoir le mérite de nous faire sortir du traditionnel « bilan » présenté en deux colonnes, évoqué ci-dessus. Alors ? 1789-1799 ou 1789-1815 ? Je me garderai de trancher ici, mais il va de soi que, vu de l’étranger, Napoléon Bonaparte est bel et bien toujours resté l’homme de la Révolution, et l’abattre consistait aussi à abattre celle-ci. D’ailleurs, lors de la première Restauration, le comte de Provence devenu Louis XVIII débarque à Calais et date aussitôt ses premiers actes de la dix-neuvième année de son règne. A ses yeux, le dauphin a succédé à son père sous le nom de Louis XVII, puis à la mort de ce dernier Louis XVIII est monté sur le trône. Dès lors, les années révolutionnaires, consulaires et impériales sont comprises comme un tout, une sorte de parenthèse qu’il est temps de clore et qui n’a jamais pu empêcher le maintien de la Couronne.

 

On connaît ce mot de Bonaparte : « Le Roi se fut montré à cheval, la Révolution n’aurait pas eu lieu » Y croyez-vous ?

Commenter les mille et un « mots » de Bonaparte relève presque d’un sport national, tant il est vrai que ses Mémoires, sa Correspondance, le Mémorial de Sainte-Hélène, etc., ne cessent d’en fournir. Que dire de celui-ci ? Je serais tenté de répondre d’un autre mot : rien. En effet, une fois de plus, il s’agit là d’une spéculation tendant à « refaire l’Histoire ». Cependant, je crois que, derrière ce mot, transparaît surtout le mépris de Napoléon Bonaparte pour un Louis XVI réduit au rôle du roi « faible », versatile, timoré… Bref d’un roi qui, s’il avait été autre, aurait pu arrêter le cours de la Révolution, aurait pu réussir sa fuite sans se faire lamentablement arrêter à Varennes, etc. Non seulement, ce portrait de Louis XVI en roi « faible » a été depuis de nombreuses années démenti par les travaux des historiens, mais de plus semblable raisonnement me semble absurde. La Révolution française ne saurait être réduite au rôle de telle ou telle personnalité, pas plus Louis XVI que Robespierre ou tel autre révolutionnaire de tout premier plan. L’ampleur même de ce gigantesque bouleversement dépassait de très loin un simple jeu politique entre différents acteurs. Aussi, pour répondre plus directement à votre dernière question et briser là, je n’y crois évidemment pas. Quand bien même Louis XIV au sommet de son art politique aurait été par magie substitué à Louis XVI en 1789-1793, la Révolution n’en aurait pas moins suivi son cours. Différent, peut-être, mais bien réel.

 

 

Propos recueillis par Nicolas Valiadis

 

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