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Entretien avec Alain Mourguy, candidat de l’Union Des Gens de bon sens à la présidentielle

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« Lorsque Dominique Voynet a été battue aux élections législatives de 2002 dans le Jura, elle s’est rapidement vu propulsée sénatrice à 7 000 euros par mois grâce aux accords passés entre les Verts et le PS, alors qu’elle avait été désavouée par le peuple. Vous trouvez cela normal ? »

 

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40 propositions pour changer la France et son mode de fonctionnement politique pour le moins oligarchique (changement du système de vote au 1er tour de l’élection présidentielle, reconnaissance du vote blanc, référendum d’initiative populaire, création d’un secrétariat d'État des maires des communes de moins de 3 000 habitants…), c’est l’idée qu’Alain Mourguy, hypothétique candidat à l’élection présidentielle de 2012, a entreprise. Hypothétique car, contrairement à 2007 où le président de l’Union Des Gens de bon sens était parti, en vain, en quête des 500 signatures nécessaires pour se présenter, le candidat Mourguy a bien compris que, dans un pays où les maires ne souhaitent pas s’engager en faveur d’un « petit » candidat sous peine de représailles de leurs électeurs comme du conseil régional, la bataille est effectivement perdue d’avance. Pour Agents d’Entretiens, Alain Mourguy s’en explique ! 

 

En 2007, vous vous étiez déjà lancé dans la campagne présidentielle sans réussir à obtenir les 500 signatures nécessaires. Cette année, vous annoncez votre candidature sans même partir à la pêche aux signatures, tout en exposant 40 propositions pour changer la France. Vous êtes résigné face au non-engagement des maires du pays pour les « petits » candidats ? 

Ce n’est pas une résignation, simplement un constat ! Pour avoir tenté ma chance en 2007 en vue d’obtenir les 500 signatures nécessaires afin d’être présent au premier tour de l’élection présidentielle, j’ai rapidement compris que je devais faire face à un système perverti. Depuis 30 ans, la classe politique s’arrange pour que personne ne vienne marcher sur ses plates-bandes. 500 signatures pour un petit candidat, c’est vraiment tenter de se battre contre des moulins à vent ! Sur les 36 000 maires de France, 33 000 sont ceux de petites communes qui, même s’ils se disent apolitiques, ont besoin des Conseils régional et général pour vivre, Conseils régional et général qui eux, par contre, ont toujours une étiquette politique bien marquée et souvent opposée, d’où un imbroglio politique total. Vous pensez que, dans ces conditions, alors que les signatures ne se font pas sous couvert de l’anonymat, un maire va s’engager pour un « petit » candidat ? C’est peine perdue ! Je vais vous prendre un exemple concret du mode de fonctionnement afin d’être adoubé au cœur du sérail politique. Olivier Besancenot, que tout le monde voit en pauvre petit facteur apparu presque du jour au lendemain sous le feu des projecteurs à la tête du NPA, a été le gendre d’Alain Krivine, ancien leader de ce même parti. Lorsque Monsieur Krivine a souhaité se mettre en retrait politiquement, il est allé voir les principaux dirigeants du PS et de la droite afin qu’Olivier Besancenot puisse être adoubé. Attention, je ne dis pas que le facteur militant n’a pas le droit de représenter les travailleurs pour défendre leurs droits parce qu’il a vécu dans le Quartier Latin et n’a jamais eu de problèmes de fin de mois, je souhaite juste expliquer comment la politique fonctionne dans notre pays. Résultat, Olivier Besancenot a eu, à de nombreuses reprises, le loisir de s’exprimer dans les grands médias pour défendre ses idées, pas moi !

 

Pensez-vous que les journalistes politiques participent au fait de museler les petits candidats ? 

Nous sommes, j’en suis persuadé, le seul pays où nous avons une telle connivence entre les journalistes et les hommes politiques. Pour vous citer là encore un exemple concret, vous devez savoir que, chaque mois, se déroule dans un grand restaurant parisien un dîner où se réunissent bien souvent le chef de l’État, les partis d’opposition, une cinquantaine de journalistes et de grands chefs d’entreprises. Lorsque l’on sait comment fonctionne le système, doit-on s’étonner que les petits candidats restent absents du débat ? Peut-on croire que la liberté de ton des médias existe encore ? Non !

 

Comment concrètement attirer le feu des projecteurs lorsque l’on fait de la politique ?

Vous ne pouvez compter hélas que sur le destin. Le seul qui avait réussi à y parvenir depuis 30 ans et mettre un bon coup de pied dans ce panier de crabes, c’était Coluche. Malheureusement, les pressions qu’il a subi l’ont empêché d’aller au bout de son action. Il faut le dire clairement, en politique, si vous ne possédez pas la carte d’un grand parti, c’est impossible de faire entendre votre voix !

 

En quoi une VIe République vous paraît-elle indispensable ?

En 1958, lorsque le Général de Gaulle est revenu au pouvoir après le putsch d’Alger, il a demandé à Michel Debré, futur Premier ministre, de rédiger une nouvelle constitution. Cette dernière a été rédigée en sept semaines, ce qui, à l’heure de l’informatique, serait un délai réduit au moins de moitié. À cette époque, le président de la République était élu par les grands électeurs, avant que n’entre en vigueur le suffrage universel. Le président a, depuis lors, tous les pouvoirs, y compris celui de nommer son Premier ministre, ce qui est une aberration. Dans tous les autres pays d’Europe, c’est le peuple qui élit le Premier ministre. Si le Premier ministre est désavoué, il est alors obligé de démissionner alors qu’en France, non ! Il serait peut-être temps que le Premier ministre soit élu par le peuple au lieu d’être un simple pantin du chef de l’État. En cela, une VIe République s’impose !

 

Le cumul des mandats, que l’on remet sur la table de temps à autre, n’est-il pas une entrave à la démocratie, qu’il serait bon de limiter une fois pour toutes ?

Je n’accepte qu’un seul cumul, celui d’être ministre et conseillé municipal d’une ville de moins de 10 000 habitants, c’est tout ! Un non-cumul des mandats permettrait de libérer des places pour des gens de la société civile, la vraie. Car attention, il y a la société civile du CAC 40 et celle de tous les jours, celle de ceux qui vont travailler et qui ont autant de bon sens que les nantis qui se voient parachutés à des postes en or. Lorsque Dominique Voynet a été battue aux élections législatives de 2002 dans le Jura, elle s’est rapidement vue propulsée sénatrice à 7 000 euros par mois grâce aux accords passés entre les Verts et le PS, alors qu’elle avait été désavouée par le peuple. Vous trouvez cela normal ? Nous sommes également l’un des seuls pays démocratiques où l’on nomme un ministre sans que cela corresponde forcément à sa formation. Le système est sclérosé. Les jeunes énarques qui font les lois que les ministres n’ont plus qu’à les signer, c'est une chose typiquement française. Même aux USA, Carter était un industriel qui vendait des cacahuètes ! Chez nous, avec Science po et l’ENA, les hommes politiques sont formatés et n’ont aucune connaissance du terrain. La France, la vraie, celle qui se lève tôt pour aller bosser à l’usine, ils ne la connaissent pas !

 

Notre société ne serait-elle pas devenue une oligarchie sous couvert d’une démocratie ?

Complètement ! L’article premier de la Constitution de 1958, « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales », ne cesse d’être bafoué. On a fait de la France une fédération, mais les gens ne le savent pas ! Comment assurer l’égalité des citoyens alors que les conseils généraux ont une couleur politique ? Hélas, tant de gens vivent grâce à ces conseils régionaux que personne ne les remettra en cause. La démocratie est le pouvoir par le peuple, mais notre pays semble tout simplement l’avoir oublié.

 

Les transactions financières restent, aujourd’hui encore, hors de tout système de taxation. Vous proposez que l’ONU se charge de cela et non chaque état sur son propre marché. Si la taxation s’effectue sur la globalité du marché financier, comment se passerait, selon vous, la redistribution au sein des différents pays ?

Il est inadmissible que, chaque année, 10 millions de personnes dans le monde meurent par manque d’eau ou parce qu’ils ont bu une eau contaminée. Seule l’ONU, à mon sens, peut taxer intelligemment les transactions financières. Le Vatican et la Palestine sont les deux seuls états en dehors de l’ONU, alors autant que cette Organisation des nations unies serve à quelque chose. C’est à mon avis aux citoyens de faire un cahier des charges de ce qu’ils veulent que l’ONU fasse, et non l’inverse. Ensuite, une commission d’éthique serait nommée afin de redistribuer efficacement ces taxes à ceux qui en ont le plus besoin.

 

1000 chômeurs de plus chaque jour en Hexagone, cela vous inspire quoi ?

Si personne n’en parle, il serait peut-être temps que les Français sachent qu’en moyenne, un chômeur coûte 1 200 euros par mois à la collectivité. Pourquoi ne pas employer une partie de ces chômeurs au salaire de 1 200 euros dans la fonction publique ? Cela équivaudrait à 500 000 embauches et éviterait de faire la queue des heures à la Sécurité sociale ou aux guichets des grandes gares, ce qui ne serait pas un luxe !

 

Propos recueillis par Nicolas Valiadis

 

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Commentaires   

 
#3 Patrice MEIGNANT 13-06-2014 16:08
Je comprends toute la difficulté à émerger quand on est minoritaire. www.facebook.com/.../
 
 
#2 mourguy 28-01-2012 14:09
parfait !
 
 
#1 mourguy 28-01-2012 13:36
Merci.

c'est parfaitement résumé.

Ma pensée n'a pas été transformée....

merci.

Alain Mourguy
 

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